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[21/07/2017] Smile lance les premiers vélos solaires connectés à l’occasion du Sun Trip Tour 2017

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[03/07/2017] Smile remporte le Drupagora d'Or 2017 du meilleur site e-commerce

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4 questions à propos du rachat de Magento par Adobe (et 4 réponses sans boule de cristal)

Stupeur ! La nouvelle est tombée par surprise ce lundi soir (pour nous Européens) : Adobe rachète Magento pour 1,68 milliard de dollars !

Pour qui suit ce genre d'actualité, ce n'est qu'une demi-surprise, déjà pronostiquée en 2016  au moment du rachat de Demandware par Salesforce, et évoquée comme crédible l'an passé, lors de l'annonce du partenariat entre les deux éditeurs autour de l'intégration d'Adobe Experience Manager à Magento. Un événement de ce genre est forcément source d'incertitude, notamment sur des questions structurantes pour l'écosystème, qu'il s'agisse des intégrateurs, des éditeurs de modules et bien entendu des marchands. S'il est bien entendu illusoire de penser prédire l'avenir, surtout quand il s'agit de la stratégie post-achat de groupes de cette taille, on peut essayer d'analyser le plus factuellement possible la situation et tenter d'en déduire humblement ce qu'on ferait à la place d'Adobe.

Avant de commencer, il convient peut-être de présenter sommairement Adobe, même si le nom est familier - au delà de l'hyper connu Photoshop - tout le monde ne sait pas forcément que la société californienne pionnière de la PAO dans les années 80, a su évoluer - pour survivre - de la vente de licence de logiciels de création graphique et vidéo très années 80 vers un modèle dématérialisé et sur abonnement, et, au fil des rachats (Omniture, Neolane...) se positionner en fournisseur de solution marketing dans le cloud plutôt haut de gamme. Mais sans eCommerce.

Mais reprenons, si l'annonce de ce rachat est intervenue le 21 mai dernier, on sait d'emblée que l'affaire ne sera pas conclue avant la fin du troisième trimestre. D'ici là, il est très probable qu'aucun changement majeur ne soit à anticiper, la version 2.3 de Magento va sortir cet été - la version alpha vient d'être rendue disponible - selon les mêmes modalités prévues.

Pour imaginer la suite, on dispose de deux communiqués de presse simultanés ou presque, l'un de Magento , l'autre d'Adobe .

Ensuite, en tant que partenaire Magento, on sait à peu près ce qu'on vend quand on propose Magento à un client, et en quoi cela est différenciant par rapport à d'autres solutions ou approches :

  • Un produit très riche fonctionnellement 
  • Une solution modulaire, extensible, flexible et polyvalente,
  • Une communauté hyper dynamique et de plus en plus impliquée - c'est récent, mais il convient de le noter : sur le premier trimestre de l'année, 24% du code de Magento a été contribué par la communauté - on partait de zéro début 2015, et il s'agit de fonctionnalités significatives (inventaire multi-sources, compatibilité PHP 7.2, achat en un clic, authentification à deux facteurs...)
  • Un portefolio autour de la solution qui s'est enrichi ces derniers temps avec Magento Order Management, Magento BI, Magento Shipping... pour couvrir un spectre large et cohérent
  • Une transition vers le cloud bien amorcée, d'ores et déjà réussie commercialement, qui s'améliore régulièrement, tout en conservant la flexibilité d'un produit entièrement personnalisable,

Il est tentant de se dire que ce qu'Adobe a acheté, c'est tout cela, et pas seulement la brique eCommerce qui manquait cruellement à son écosystème. Si ce n'était que cela, n'importe quelle autre solution aurait convenu, à moindre coût.

Est-ce que la version Open Source de Magento va perdurer ?

Si la raison doit prévaloir, c'est très probable tant la communauté est aujourd'hui autant que l'éditeur le moteur du développement du produit. Magento s'appuie énormément sur la communauté pour faire évoluer la solution, notamment via les projets "Community Engineering" comme la gestion multi-entrepôts, la compatibilité PHP 7.2 ou tout simplement leur Github pour la résolution des bugs.

La récente conférence Imagine à Las Vegas était particulièrement "community oriented". L'implication de la communauté et l'open source sont des leviers majeurs de différenciation, et explique sans doute pour une bonne part la valorisation de la société. Magento et Adobe auraient en tout cas bien tort de se couper de cet accélérateur tant suivre le rythme de l'innovation est consommateur en ressources, même quand on a des milliards à la banque. Magento a coutume de dire que son plus grand concurrent est sa version open source : autant garder dans la course ce challenger-là qu'on maîtrise plutôt que d'autres plus incontrôlables.

Une conf call entre des représentants de la communauté et le top management de Magento a aussi été l'occasion pour ce dernier d'affirmer son engagement à ce que Magento reste largement piloté par la communauté comme actuellement.

Et l'open source chez Adobe dans tout cela ? L'éditeur a une réelle stratégie Open Source , et pas depuis hier, avec notamment des figures de l'Open Source comme Matt Asay, qui s'est empressé de poster cet article de blog très velléitaire et d'aller au contact de la communauté en effervescence sur les réseaux sociaux, de manière nettement plus convaincante.  Plus généralement, le discours d'Adobe est pour l'instant un sans faute, mais à ce stade, bien entendu, il ne s'agit que d'un discours. Adobe a beaucoup de tentatives inabouties à se  faire pardonner en matière d'Open Source ou même de rachat de produits tués dans l'oeuf, mais il s'agit ici d'une opportunité (et d'une communauté) en or.

Est-ce que Magento va seulement exister en version cloud à terme ?

Avec ou sans Adobe, li s'agit de toute façon d'une tendance de fond qui n'est pas propre à Magento. Adobe sera naturellement tenté de jouer la carte du tout intégré. Mais comme de notre point de vue conserver le modèle open source s'impose, autant garder cette flexibilité qui coûte finalement assez peu et permet d'adresser des marchés qui restent frileux vis-à-vis du cloud.

L'occasion également de rappeler que Magento Cloud est un PaaS (Platform as a Service), et non un SaaS, et que cette différence est significative : on peut bénéficier sur le cloud Magento de tous les degrés de personnalisation que fournit l'écosystème, et c'est un facteur différenciant d'importance par rapport à la concurrence (de Shopify à Salesforce Cloud Commerce), qu'il nous paraîtrait,  là aussi, dommage de jeter à la corbeille.

Adobe a une forte expérience en matière de cloud,  ce qui pourrait bénéficier directement à Magento Cloud. En revanche, Magento a misé sur AWS et platform.sh, là où Adobe a récemment délaissé Amazon pour Azure.

Est-ce que Magento va en profiter pour augmenter ses tarifs ?

Depuis le lancement du nouveau modèle de tarification en novembre 2015, les tarifs indicatifs de Magento ont déjà fluctué à plusieurs occasions, à la hausse comme à la baisse. Le modèle choisi - par tranches de chiffre d'affaires généré par plateforme - permet une relative souplesse dans le positionnement tarifaire de Magento par rapport à ses différentes cibles et sa stratégie, par exemple quand il s'agit de pousser la version cloud plutôt que la version on premise. Par ailleurs, Adobe s'est fait une spécialité de la monétisation de services par abonnement, cela peut donner des idées à Magento. Quoiqu'il en soit, Magento restant une solution peu chère par rapport à sa concurrence, on ne peut pas exclure une augmentation, au moins sur certains segments.

Est-ce que Magento va délaisser les "petits" clients ?

Il va de soi que le rapprochement avec Adobe va permettre à Magento de s'attaquer plus sereinement aux très gros comptes, que ce soit en B2B ou en B2C. Est-ce que cela se fera au détriment des plus petits clients ? Magento est déjà confronté à ce grand écart et a plutôt bien joué le coup en s'appuyant sur son écosystème de partenaires, intégrateurs comme solutions tierces pour couvrir un spectre très large de marchands, des plus petits aux plus grands, avec des solutions et des prix sur mesure.

Soyons fous : la place laissée libre par une montée en gamme de Magento Commerce pourrait tout à fait convenir à une version Open Source reboostée et irriguée par la communauté.

Un peu ce à quoi ressemble l'imminente version 2.3 en récupérant les fonctionnalités importantes de la version Commerce que sont le support de RabbitMQ et ElasticSearch.

En bref, d'ici à ce que l'achat soit effectif, c'est "Business as usual" et Magento, pour toutes les raisons citées au début de cet article, reste une solution adaptée à bon nombre d'eCommerçants pour les années à venir, quelles que soient les incertitudes nées de cette annonce. Adobe et Magento ont en tout cas l'occasion de porter le modèle Open Source qui nous est cher à un niveau inédit. Ces quelques réflexions, notre  intuition et notre optimisme nous font nous dire que c'est en grande partie ce qui a motivé le choix et l'investissement d'Adobe. Mais seul l'avenir - plutôt excitant - le confirmera.

Guillaume Sautereau
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